La direction de Service Canada en Ontario ordonne au personnel qui traite les dossiers d’assurance-emploi de cesser temporairement de s’occuper des demandes présentées il y a plus de 28 jours, négligeant ainsi les personnes qui attendent depuis le plus longtemps pour privilégier celles dont les demandes sont les plus récentes.
Service Canada demande en fait de truquer les données sur la « rapidité de paiement ». Le fait de traiter en priorité les demandes qui ont été présentées il y a moins de 28 jours par rapport aux demandes présentées il y a déjà plus de 28 jours nuit aux personnes qui ont attendu le plus longtemps. C’est un résultat inique qu’aucun-e Canadien-ne ne désire obtenir de sa fonction publique.
« Dire à la personne mise à pied qui a attendu six semaines pour obtenir son premier chèque d’a.-e. que sa demande a un degré de priorité inférieur à celle de la personne qui n’en a attendu que trois est inacceptable, et tout le monde le sait », déclare Jeannette Meunier-McKay, « et ce n’est pas là la qualité de service que nos membres veulent assurer ».
Service Canada a déjà été pris en flagrant délit de faire passer les données sur la production avant les besoins des personnes en chômage. En septembre 2006, le syndicat a dénoncé la même pratique.
Les niveaux de dotation en personnel sont la cause fondamentale du problème. « Il n’y a pas suffisamment de membres du personnel pour porter toute la charge de travail, et les heures supplémentaires ne sont pas une solution », indique madame Meunier-McKay. « Mais le gouvernement tente de réaliser une économie de 2,5 milliards de dollars à Service Canada plutôt que de fournir à la population canadienne des services du niveau promis. »
Entre temps, le message transmis aux personnes qui attendent depuis le plus longtemps est : « tant pis pour vous ». Or, les Canadien-ne-s ne risquent pas de l’entendre dire dans les publicités enjouées diffusées à la demande de Service Canada.