Les plaques tectoniques du paysage politique canadien se sont déplacées de façon dramatique au cours des élections fédérales de lundi dernier. Nous ne savons pas encore au juste quels effets précis cela aura sur les membres du SEIC.
Stephen Harper a fini par obtenir le gouvernement majoritaire qu’il cherchait depuis longtemps. Il est probable que le Parlement sera convoqué plus tôt que tard, peut-être même d’ici la fin du mois. Les Conservateurs ont hâte d’adopter bon nombre des mesures prévues par le budget de mars, y compris une amputation des programmes fédéraux, dont le détail n’a pas encore été indiqué, de 11 milliards de dollars d’ici quatre années.
Plusieurs député-e-s conservateurs de la région d’Ottawa se sont empressés de rassurer les employé-e-s fédéraux qu’il n’est pas prévu de procéder à une élimination d’emplois majeure. Nous verrons bien… Comme nous ne le savons que trop bien, une élimination d’emplois de tout genre et de toute envergure aura un effet considérable sur les services fournis au public et sur l’économie locale des communautés des différentes parties du pays.
Il est indéniable qu’un gouvernement minoritaire nous aurait permis de dormir plus tranquilles, mais nous avons quand même vu des lueurs d’espoir le 2 mai.
D’abord, Stephen Harper a dû, pour obtenu la majorité qu’il souhaitait ardemment, promettre de ne pas faire de brusque virage à droite après les élections. Il est suffisamment astucieux pour savoir qu’il ne peut pas se permettre de s’adosser les électeurs et électrices girouettes ni les Libéraux de droite qui ont rendu sa victoire possible.
Ensuite, le NPD forme l’opposition officielle, et est donc appelé à remplacer le gouvernement, ce qui est un fait nouveau très positif. C’est une percée pour le parti qui a toujours été le plus proche des valeurs du mouvement syndical et le plus grand défenseur des services publics fédéraux.
Bien que de nombreux député-e-s libéraux individuels aient eu une tendance progressiste, le Parti libéral et son caucus constituaient un partenaire peu fiable pour le mouvement syndical, y compris l’AFPC et le SEIC. On dit souvent que les Libéraux parlent comme les Néo-démocrates quand ils forment l’opposition mais qu’ils gouvernent comme les Conservateurs quand ils sont au pouvoir. Ceux d’entre nous qui ont survécu aux coupes profondes pratiquées dans la fonction publique fédérale par le gouvernement Chrétien vers le milieu des années 1990 savent qu’il ne s’agit pas que d’un trait d’esprit.
La défaite subie par le Bloc Québécois a été stupéfiante. Bien que le caucus de ce parti ait compris bon nombre de député-e-s réceptifs, le remplacement du Bloc par le NPD apporte de nombreux appuis aux services publics de qualité.
Qu’est-ce que tout cela signifie pour les membres du SEIC ? Cela signifie que notre décision préélectorale de lancer une longue campagne pour favoriser l’amélioration des services publics et la sécurité d’emploi était appropriée et a été prise en temps opportun.
Un élément important de notre campagne « Meilleur service : le temps presse » consistera à faire pression sur les député-e-s de tous les partis dans leurs circonscriptions. De plus, une fois que le premier ministre aura choisi son cabinet et que les deux partis de l’opposition officiellement reconnus auront désigné leurs porte-parole dans les différents domaines, nous établirons des contacts et des relations avec les principaux intéressés et leurs effectifs.
En dernier lieu, nous devons nous rappeler qu’il est plus important que jamais de faire passer le bien-être des membres avant tout. Il est aussi plus important que jamais que nous collaborions à tous les paliers du SEIC pour renforcer et défendre les services publics de qualité et la sécurité d’emploi des femmes et des hommes que nous représentons.