Je m’en vais au Canada, ce pays froid mais heureux,
Car des effets de l’esclavage j’en ai senti plus que je n’en peux.
Ô Père de justice, ne me déprécie pas dans ta bonté
Mais aide-moi à aller au Canada, où les gens de couleur vivent en liberté!
Sojourner Truth, The Libyan Sybil, Harriett Beecher Stowe, avril 1863.
Comme vous le savez, février est le Mois de l’histoire des Noirs. C’est une célébration qui reconnaît la présence historique des Canadien-ne-s d’ascendance africaine et les nombreuses contributions qu’ils ont apportées au Canada et à la culture canadienne.
Pourquoi le Mois de l’histoire des Noirs existe-t-il? Vous trouverez peut-être la réponse dans l’article suivant de Rosemary Sadlier, présidente de l’Ontario Black History Society :
Le Mois de l’histoire des Noirs est l’aboutissement des efforts faits pendant les années 1920 par Carter G. Woodson, Américain d’ascendance africaine. Il a établi la semaine du Mois de l’histoire des Noirs pour célébrer après une ’année d’étude de l’histoire des Noirs. La semaine qu’il a choisie comprenait le 12 février en l’honneur du président Lincoln, qui a assujetti l’émancipation à la législation des États-Unis, et le 14 février en l’honneur de Frederick Douglas, qui a milité pour que les Noirs fassent tout leur possible au sein de leur propre pays pour que tous les Noirs puissent mener une vie meilleure.
Mais pourquoi avoir un Mois de l’histoire des Noirs? Les étudiant-e-s canadiens d’ascendance africaine (par exemple) doivent se sentir valorisés, doivent être conscients des contributions apportées par d’autres Noirs au Canada, doivent avoir des modèles de rôle et doivent comprendre les forces sociales qui ont façonné et influencé leur communauté et leur identité, afin de se sentir intégrés à l’éducation et à la vie dans les différentes régions du Canada. Ils doivent se sentir habilités. La communauté canadienne doit connaître une histoire du Canada qui englobe tous les groupes fondateurs et pionniers afin de se fonder sur la réalité plutôt que seulement sur des perceptions.
En tant que personnes dont les racines canadiennes remontent à 1603, les gens d’ascendance africaine ont défendu, défriché, bâti et cultivé notre pays. Leur présence est bien établie mais elle est mal connue. La célébration du Mois de l’histoire des Noirs vise à faire reconnaître et raconter les réalisations des personnes noires.
Il nous faut un Mois de l’histoire des Noirs pour nous aider à nous comprendre en tant que Canadien-ne-s dans le contexte sociohistorique le plus fidèle et le plus exhaustif possible. Dans un pays d’une aussi grande diversité, toutes les histoires doivent être connues, toutes les voix doivent être exprimées. L’histoire des Noirs est diamétralement opposée à toutes les histoires traditionnelles. L’histoire traditionnelle est nécessaire pour engendrer une culture commune mais l’histoire des Noirs est nécessaire pour voir à ce que cette culture soit plus claire et plus intégrante.
Quand les contributions des personnes d’ascendance africaine seront pleinement reconnues, que les réalisations des Noirs seront bien connues et que les Noirs seront couramment intégrés à nos programmes d’études, à nos livres et à nos médias et traités sur un pied d’égalité, il ne sera plus nécessaire qu’il y ait un Mois de l’histoire des Noirs.