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décembre 8, 2006

La pauvreté : une question de droits de la personne

Selon Louise Arbour, ancienne juge de la Cour suprême du Canada, la pauvreté demeure « l’obstacle le plus grave à la réalisation des droits fondamentaux ». Madame Arbour occupe maintenant le poste de Haut-commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, et ses commentaires au sujet de la pauvreté et des droits humains sont la toile de fond employée pour marquer la Journée internationale des l’homme de cette année.

La Journée internationale des droits de l’homme est marquée par la communauté internationale chaque année le 10 décembre en commémoration du jour, en 1948, où l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté le Déclaration universelle des droits de l’homme.

Dans ses remarques sur la pauvreté et les droits humains, Louise Arbour dégage le lien entre les deux de façon claire et simple : « Combattre la pauvreté, la privation de droits et l’exclusion n’est pas une question de charité et ne dépend pas de la richesse du pays. En s’attaquant à la pauvreté parce que c’est une obligation en matière de droits de l’homme, le monde aura une meilleure chance de se délivrer de ce fléau de notre vivant. L’élimination de la pauvreté est un objectif réalisable. »

Malheureusement, nombreux sont ceux qui ne considèrent pas l’élimination de la pauvreté comme un objectif réaliste ni même comme une question de droits humains. Elle est plutôt perçue comme étant tragique mais inévitable, voire comme la responsabilité des pauvres. Les pays et les personnes qui vivent dans le dénuement sont considérés au mieux comme malchanceux et au pire comme paresseux et peu méritants.

Pour madame Arbour et d’autres, il vaut mieux voir la pauvreté tant comme la cause que comme le produit des violations des droits humains. C’est cette double caractéristique qui en fait l’obstacle le plus grave à la réalisation des droits fondamentaux. Le rapport entre droits humains et pauvreté devrait sauter aux yeux : ceux qui se voient privés de leurs droits – par exemple les victimes de discrimination ou de persécution – sont le plus souvent pauvres. En général, il leur est difficile, sinon impossible, de se lancer sur le marché du travail et ils ne disposent que d’un accès limité, voire inexistant aux services et ressources les plus élémentaires. Dans de nombreuses sociétés, les pauvres ne peuvent jouir de leurs droits à l’éducation, à la santé ou à un logement simplement parce qu’ils n’en ont pas les moyens. Et la pauvreté affecte tous les droits humains : s’ils ont des revenus faibles, cela leur barre l’accès à l’éducation (un droit « économique et social »), ce qui limite leur participation à la vie publique (un droit « civil et politique ») et leur capacité d’influencer les politiques qui les concernent.

Les gouvernements et d’autres personnes occupant des postes d’autorité ont désormais le devoir de s’attaquer au problème de la pauvreté; il ne s’agit plus que d’une question de charité. En adhérant à des accords internationaux tels que la Déclaration du Millénaire, ils se sont engagés à abolir la pauvreté.

Cependant, il n’incombe pas qu’aux gouvernements d’éliminer la pauvreté. Nous pouvons tous y contribuer. Rendez-vous sur le site Abolissons la pauvreté pour voir ce que d’autres font et les mesures que vous pouvez prendre

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