Syndicat de l'emploi et de l'immigration du Canada - http://ceiu-seic.ca/fr/droits-de-la-personne/6-decembre-1989-il-y-a-vingt-ans/
novembre 30, 2009

6 décembre 1989, il y a vingt ans

À l’école polytechnique de Montréal, un homme assassine 14 femmes parce qu’elles étaient des femmes.  Il déclare vouloir « envoyer ad patres les féministes » car elles lui auraient « toujours gâché la vie ».

Dans la foulée de l’onde de choc qu’a été cet événement à travers le Canada et dans le monde, on institue en 1991, le 6 décembre comme « journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes » et l’oeuvre: « Nef pour 14 reines » sur la Place du 6 décembre immortalise l’événement.

Des monuments ont aussi été érigés à Toronto en 1990, Moncton en 1996 et Vancouver en 1997.

Après 6 ans d’une lutte acharnée menée par Heidi Rathjen, soutenue par l’Association des étudiantes de Polytechnique, Wendy Cukier et une pétition d’un demi-million de signataires, la loi C-68 est promulguée. (Loi sur les armes à feu).

Par ailleurs, le code civil de certaines provinces a été amendé pour permettre la résiliation d’un bail en raison de violence conjugale.

Mais depuis, qu’en est-il de l’action contre la violence faite aux femmes?

L’application de la loi sur les armes,  C-68 est maintenant reléguée aux oubliettes.

Le rapport de Statistique-Canada d’octobre 2008 concernant la violence conjugale, révèle que 8 victimes sur 10 sont de sexe féminin.

Selon le rapport d’Amnesty International de 2008 « Assez de vies volées », une jeune femme appartenant aux premières nations a 5 fois plus de risque qu’une autre canadienne de mourir des suites de violences. Le même rapport souligne que l’attitude des policiers à l’égard des travailleuses du sexe dissuaderait celles-ci de porter plainte contre les agressions dont elles sont victimes.
 
On n’oubliera pas qu’il a été question d’ouvrir des bordels à Vancouver à l’occasion des jeux olympiques.  À l’heure où la traite des femmes est un des effets de la mondialisation, ça laisse songeur.  Le simple fait qu’on ait eu cette idée est assez révélateur de ce qu’on fait de la dignité humaine.

Condition-Féminine-Canada, organisme chargé de promouvoir « l’égalité des femmes et leur pleine participation à la vie économique, sociale et démocratique du Canada », fait état sur son site des projets appuyés par le gouvernement fédéral en 2009.  Or le budget de 13 millions de CFC, a subi une amputation de 5 millions en septembre 2007, le nombre de ses bureaux est passé de 16 à 4 et la notion « d’égalité » a disparu laissant la place à la « participation ».  Le programme de contestation judiciaire qui permettait aux plus démunis (dont les femmes) de faire valoir leurs droits a été aboli.

À la lumière de ces quelques exemples, peut-on considérer qu’il y a eu des progrès?

Est-il acceptable, que le Gouvernement canadien ait refusé de criminaliser la propagande haineuse contre les femmes?

N’est-il pas temps de que l’égalité de droit devienne l’égalité de fait pour toutes les femmes du monde
                                      
Colleen, Dianna, Linda et Huguette- VPN – Condition féminine
  

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