Les délégué-e-s au récent congrès du SEIC ont travaillé dur afin de planifier pour l’avenir. Ils ont débattu de résolutions, analysé des budgets et élu des dirigeant e-s. Mais ils ont également eu l’occasion d’en apprendre au sujet du travail du Comité des droits de la personne et des relations interraciales et d’entendre un exposé remarquable de Maxime Le May, membre du SCEP, qui lui a valu une ovation.
Maxime Le May a 44 ans et jusqu’à l’année dernière, il a gardé un secret même de ses plus proches amis : il est un homme transsexuel. Manifestant un courage extraordinaire, Maxime a amené les délégué-e-s dans le monde d’adversité et de lutte dans lequel vivent les autres personnes transsexuelles et lui. Cette lutte a amené Maxime à passer d’un garçon timide ayant un secret bien gardé à un militant ouvert, fier et confiant de la communauté transsexuelle.
« Dès l’âge de quatre ans, je savais que j’avais quelque chose de différent mais je n’arrivais pas à mettre le doigt dessus », dit-il. Ce n’est qu’à l’âge de 14 ans qu’il a découvert le mot grâce à une conversation entre ses parents. « Un soir, mon père a montré à ma mère un article de journal au sujet d’un ‘énergumène’ qui avait changé de sexe. Mes deux parents ont bien ri de cette personne que l’article qualifiait de « transsexuelle ». C’était le mot que je cherchais. J’étais un homme transsexuel. »
Quittant sa ville natale de Victoriaville pour fréquenter l’université à Montréal, Maxime a entrepris sa transition d’un sexe physique et d’une présentation sociale de genre à l’autre. Les personnes transgenres doivent souvent faire face à de l’hostilité et à de la discrimination si elles révèlent leur transition en milieu de travail et au-delà. C’est pourquoi un si grand nombre d’entre elles demeurent « furtifs », ne révélant jamais leur transition. « Pour prévenir la discrimination et le ridicule, je suis demeuré dans le placard pendant 25 ans, ne disant pas ce qui en était même à mes meilleurs amis. »
Maxime est ouvert au sujet de sa transition, disant : « Je suis devenu l’homme que j’ai toujours voulu être – un homme trans fier de lui-même et de sa communauté ». Il est le président de l’Association des transsexuel(le)s du Québec, organisation qui aide les membres de la communauté transsexuelle et milite en leur faveur. De plus, il fait partie du Comité des droits de la personne et des relations interraciales du SEIC, qui l’a invité à donner un exposé pendant le congrès du syndicat.
À la fin de son discours, les délégué-e-s lui ont fait une ovation prolongée. Son discours a fait comprendre à l’assemblée les réalités auxquelles la communauté transgenre doit faire face et a inspiré toutes les personnes qui luttent contre l’adversité. Manifestant ainsi leur appui, les délégué e-s, les sections locales et les régions ont recueilli 2 411,83 $ pour l’Association des transsexuel(le)s du Québec, et l’instance nationale du SEIC a versé un montant équivalent. De plus, les délégué-e-s ont décidé de distribuer une pétition d’appui à l’Association à leurs sections locales.
Maxime est à la fois un militant de la communauté transsexuelle et un membre actif du SEIC. Il peut répondre aux questions au sujet de la communauté transsexuelle et il invite les membres à le joindre à l’adresseadmin@atq1980.org.