Merci de m’avoir invitée à prendre la parole pendant la conférence de l’Ontario sur la négociation collective. D’après l’ordre du jour, je constate que Tom et son comité ont préparé une conférence emballante (bien qu’elle puisse aussi donner le frisson).
L’instance nationale du SEIC aide à financer les conférences sur la négociation collective tenues dans les différentes régions parce qu’elle croit que la négociation collective est d’une importance cruciale pour le syndicat.
La négociation collective est exaspérante, d’autant plus que notre employeur est le Conseil du Trésor. Quiconque a déjà fait partie d’une équipe de négociation le confirmera. L’arrogance du Conseil du Trésor et son mépris des travailleurs et travailleuses sont évidents. Il retarde sans cesse la négociation parce qu’il croit que le syndicat ne représente pas ses membres. Il pense savoir ce que vous voulez mieux que vos représentant-e-s syndicaux. Il croit que vous accepterez tout ce qu’il vous offre.
Nous tenons ces conférences afin de donner une leçon au Conseil du Trésor. Nous encourageons les moyens de pression en milieu de travail afin de donner une leçon au Conseil du Trésor. Nous préconisons de doter notre équipe d’un solide mandat de grève pour donner une leçon au Conseil du Trésor. Et quelle est cette leçon?
Mais que se passe-t-il à ce tour de négociation. Pendant la fin de semaine en cours, d’autres personnes vous indiqueront là où nous en sommes et quelle est la stratégie de l’Alliance. Je tiens à prendre un moment pour exprimer mon indignation devant ce que le gouvernement tente de faire à ce tour de négociation. Je suis sûre que vous partagez mon indignation. Disons franchement qu’il est aberrant que l’employeur nous ait appelé la semaine dernière pour annuler la réunion de négociation qui devait avoir lieu cette semaine, sous prétexte qu’il n’a pas de mandat. Quelle colossale perte de temps! S’il n’a pas de mandat, qu’est-ce qu’il fait depuis un an? Pourquoi tenait-il des réunions avec nous s’il ne pouvait rien régler? Pourquoi a-t-il tant tardé à réaliser qu’il ne savait pas ce qu’il faisait?
Je vous dirai très franchement, confrères et consoeurs, que ce sont des foutaises. L’employeur a un mandat et il a une équipe de négociation MAIS il ne cadre pas avec ses projets de négocier maintenant. Nous devons répondre à cet atermoiement. Nous ne devons pas laisser l’employeur agir ainsi. Chaque fois qu’il reporte les négociations, cela met le syndicat à l’épreuve, en posant les questions suivantes:
Chaque réponse négative à ces questions confirme l’impression de l’employeur que nous n’offrirons pas beaucoup d’opposition et qu’il sera facile de conclure une convention convenant à l’employeur. Nous devons répondre, cette fois-ci et chaque fois que l’employeur retarde les choses.
Nous devons rapporter à nos lieux de travail, lundi, des plans de réponse. Je sais que chaque section locale a une tradition différente en matière de négociation et que le degré de préparation varie selon les sections locales. Cela signifie que les réponses des sections locales varieront quelque peu. Cependant, nous devons dresser un plan global reconnu et respecté par tous. Nous devons nous tenir responsables les uns les autres de l’accomplissement des tâches attribuées et nous entraider dans la réalisation de ce plan. L’établissement de celui-ci fait partie du travail de cette conférence, et nous ne pouvons pas la quitter sans l’avoir dressé.
Les enjeux de ce tour de négociation sont très importants. Il nous faut une solide augmentation salariale, tant pour les membres les plus âgés qui désirent avoir la pension plus élevée possible que pour les membres plus jeunes qui ont du mal à joindre les deux bouts. Nous devons améliorer les dispositions sur le sécurité d’emploi, particulièrement à la lumière du sort que le gouvernement Martin peut réserver à la prestation des services gouvernementaux. Et ce n’est pas tout. Je conviens avec Walter Reuther, fondateur des Travailleurs unis de l’automobile, que " notre syndicat ne vise pas qu’à ajouter cinq cents au chèque de paye ". Nous cherchons à assurer une protection aux dénonciateurs et dénonciatrices, à améliorer les clauses sur les pratiques religieuses et culturelles et à garantir un congé d’union conjugale payé. Les enjeux sont considérables à ce tour et nous devons mener nos efforts à bien.
En tant que présidente nationale et membre du SEIC venant de l’Ontario, je vous incite à voir à ce qu’un plan d’action ressorte de cette conférence afin que l’Ontario puisse de nouveau donner le pas au efforts faits par le SEIC et l’AFPC pour conclure une convention collective acceptable